24/05/2017

Plaidoyer pour le Benelux

PLAIDOYER POUR LE BENELUX

 

 

19 textes (de 1963 à nos jours) présentant le Benelux et ses provinces comme la meilleure solution pour l’avenir de la Belgique. Le Benelux, une entité réellement fédérale et viable.

 

  

1 Gueuning Louis, L’avenir des Belges, in : Le dossier du mois, 4, 1963, p.5-6

 

Il y a plus de deux mille ans qu'il existe des Belges quel­que part, entre le Rhin, la Seine et la Moselle. Il en doit même subsister quelques-uns dans quelques coins de la Grande-Bretagne.

Lorsque Jules César s'en prit à eux, ils étaient groupés, par tribus, dans une sorte de confédération. Lui qui ne s'intéressait pas énormément à ce genre de détails, il leur découvre une certaine originalité et les distingue nettement des Celtes du Sud et des Celtes du milieu. Par modestie, nous ne rappellerons pas qu'il les trouve plus courageux que les autres. Courageux ou pas, le fait est qu'ils lui ont donné beaucoup de fil à retordre. Plus que les autres.

 

Sans doute sont-ils déjà mâtinés de Germains. Il y en a depuis longtemps dans le Namurois et, dès le début de la conquête romaine, on en a transplanté dans nos régions. Ce qu'ils parlent? Des dialectes celtiques avec l'un ou l'autre mot germanique. Et cela, aussi bien au Nord qu'au Sud. Ils apprendraient facilement le latin car tous les lin­guistes vous diront qu'il a dû exister un « état » italo-celtique de l'indo-européen et, après tout, rix n'est pas si loin que cela de rex.

Ce qui est sûr également, c'est que les Francs n'ont pas cessé de s'infiltrer dans nos provinces, qu'ils ont été instal­lés en Campine par l'empereur Julien. Enfin, ils ont occupé massivement nos contrées, lors de la ruée du cinquième siècle, quand le limes du Rhin a craqué.

 

Le Sud de notre pays actuel a-t-il été plus profondément romanisé que le Nord. Rien n'est moins sûr et tout n'est pas bien expliqué dans cette vieille histoire, mais le fait est que les parlers germaniques, exactement bas-allemands, ont subsisté au Nord de ce que les historiens ont malencontreu­sement appelé la « frontière linguistique » et dans les régions de la Moselle. Cette ligne de démarcation n'a guère bougé depuis des siècles. Et c'est très bien ainsi.

Qu'il y ait toujours eu des incidents parfois désagréables, souvent comiques, entre gens qui ne parlent pas la même langue et se comprennent tout de travers, c'est trop clair et trop naturel. Mais qu'on en ait fait tout un plat et puis un drame, il a fallu attendre pour le voir le XIXe siècle et son stupide romantisme de la race et l'un des attributs de la race : la langue.

Jamais on n'en avait fait un drame. Pour éviter les inci­dents et quelquefois les accidents dans des cas graves, celui de la justice par exemple, nos pères prenaient les mesures qu'il fallait : ils créaient jusqu'à Liège des tribunaux bilingues et trilingues. Il a fallu la sotte insurrection de 1830 pour voir des gens de langue néerlandaise jugés par des tribunaux « français » et condamnés sans avoir rien compris ni sans avoir été compris. Tout cela pour des rai­sons d'ordre idéologique, les plus bêtes en politique. Comme dit si justement RENAN, « le gouvernement était la chose pratique par excellence, le romantisme y est tout-à-fait déplacé ».

En réalité, cette théorie fausse, ce mythe de la race pure, cette invraisemblable sottise de la « langue qui est tout le peuple » (Jan Frans Willems) aurait passé de mode comme tant de théories et de modes si elle n'avait pas été entre­tenue, attisée, exploitée par la politique de nos voisins et les gaffes de nos constituants de 1836. Exploitée, oui, par les impérialismes européens dont les plus virulents ont été celui de la France et celui de l'Allemagne. Et ici, il est parfaitement exact que la Grande-Bretagne nous a « proté­gés », pour se servir de nous contre eux ou bien pour qu'on ne se serve pas de nous contre elle.

Dans quel dessein cette théorie, cette pure vue de l'esprit et combien fausse, a-t-elle été exploitée ? C'est, on l'a bien vu, une admirable machine à disloquer les Etats, jamais les plus grands philosophes politiques n'ont conçu la nation arrivée à son plus haut point de perfection que consituée en Etat. Jamais ils n'ont conçu l'Etat comme coïncidant avec la « région » linguistique. L'Etat est le « style » de la Nation. Il est constitué par le « vouloir vivre » en commun parce que l'essentiel vous invite et vous incite à vivre en commun : l'intérêt bien compris et dans tous les sens, la défense dans tous les sens du mot et, d'abord, la défense de ce qui fait qu'on est soi, bien soi et, au dessus de tout cela, le quelque chose de particulier que l'on a à faire ensemble : on ne devient soi, on ne demeure soi qu'en faisant ce que l'on est appelé à faire, bref, en répondant à sa vocation.

 

Les pays belges ont-ils une vocation ? Si tous les peuples en ont une, il en est très peu qui en ont une aussi évidente et qui s'exprime aussi clairement dans n'importe quelle langue et au moyen de n'importe quels... pinceaux, ciseaux, gommes et autres instruments : l'œuvre de Michel de Ghelderode est aussi « flamande » que celle de Guido Gezelle et la littérature « française » du Moyen-Age qui nous appartient presque toute est peut-être beaucoup plus « fla­mande » que la littérature « flamande » d'aujourd'hui. Et les grands peintres du Sud de la Belgique ont souvent été tout aussi « flamands » que ceux du Nord. Les étrangers eussent été bien incapables de distinguer Roger van der Weyden de Roger de la Pasture !

Mais oui, cette vocation de « nos » pays est toute de synthèse des courants de pensée qui ne cessent de traver­ser l'Europe de bout en bout et de se croiser ici et, sur le plan politique, elle est toute de médiation, j'ajoute que ce rôle de synthèse dans le domaine de la civilisation et de médiation sur le plan politique, les Pays-Bas l'ont plus d'une fois joué ; mais ils ne l'ont jamais joué qu'aux heures où ils en ont pris conscience et ils n'en ont jamais pris con­science qu'aux heures où toutes leurs provinces étaient assemblées, PARCE QUE toutes leurs provinces étaient assemblées, j'entends solidement fédérées.

 

 

2 Gueuning Louis, Où va le pays ? Le fond du problème, in : Le Cri du peuple, 4, 1966

 

« La Belgique, moteur du Benelux, cœur des Pays-bas belgiques. »

 

 

3 J. Daloze, Réveiller le Benelux!, LB, 26/11/1994

 

« ...les premiers pas du Benelux eurent lieu à Londres, pendant la guerre, c’ est-à-dire le 21 octobre 1943.  Ce jour-là, un accord de coopéation porta sur la fixation du cours officiel entre le florin hollandais et le franc belge grand-ducal.  Une étape beaucoup plus importante s’ est située le 5 septembre 1944, peu avant le retour en Belgique du gouvernement belge de Londres.  Une union douanière fut signée par ces trois pays. »

Il convient de souligner le rôle du Benelux  en tant que pionnier dans la construction européenne qui s’ en suivit.  « Alors que la CECA était en marche avec l’ acier et le charbon sous le signe d’ un esprit européen qui vivifiait, notre Paul-Henri Spaak lança dans les premiers jours d’ avril 1955 une invitation à la valse européenne à la France, à l’ Italie, à l’ Allemagne et à ses deux compères du Benelux, en vue de créer une espèce de marché commun plutôt modeste.

   Il s’ agissait; aux côtés du charbon et de l’ acier, de rassembler les autres formes d’ énergie (électricié, gaz et carburants) et les moyens de transport (rail, voies d’ eau, routes et air).  Il était encore question de l’ énergie atomique à des fins pacifiques. »

On est allé plus loin grâce à l’ initiative hollandaise.  Un des deux ministres des affaires étrangères de ce pays, M. Beyen, voulait créer « une Communauté supranationale ayant pour tâche de réaliser l’ intégration économique de l’ Europe au sens général en passant, par la voie de l’ union douanière, à la réalisation de l’ union économique».

Tout au long des conférences ministérielles européennes qui donnèrent naissance et vitalité à la CEE (Communauté économique européenne), le Benelux a joué un rôle moteur à tous les moments chauds et dans la préparation à froid des dossiers. 

 

4 in : L’Accent, 113, 1995, p. 19


Adi Jung (Lux.): “Benelux, géant commercial, reste un nain politique en l’absence de volonté de ses dirigeants.”

 

 

5 Un sommet avant chaque conseil, LB, 3/5/1995

 

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, souhaite une relance de la coopération entre les trois pays du Benelux et il a annoncé la tennue d’ un sommet du Benelux avant chaque sommet européen.

 


6 Eyskens Marc, Six idées étrangères, LB, 03/07/1995

 

“Pourquoi la Belgique ne proposerait-elle pas une initiative courageuse au niveau du Benelux, àà savoir la création en 1996 ou 1997 d’ une pré-Union économique et monétaire?

La résurrection du Benelux s’ impose d’ urgence car un ministre français, M. Juppé, a proposé dans un article récent du ‘Monde’ de « réduire l’ influence des petits pays dans l’ Union européenne, tout en affaibllissant la Commission européenne » qui, avec ses pouvoirs actuels, est la protectrice institutionnelle des petits pays.

 

 

Belmans André (Bruxelles), Europe / Tirer les leçons de l'échec, LB 02/07/2004

 

 

FAUT-IL TIRER UNE LEÇON de l'échec de notre Premier ministre?

Lorsqu'on jette un regard sur une carte de l'Europe, il saute aux yeux que les petits pays du Benelux se trouvent encla­vés entre trois puissances dont les traditions et les aspira­tions en matière de politique étrangère sont bien connues.

Il en résulte que les petits pays ont intérêt à se tenir à égale distance des trois grands. Et cela d'autant plus qu'en ce mo­ment, les deux puissances con­tinentales entretiennent des relations particulières.

Les Pays-Bas et le Grand-Du­ché l'ont compris. Dans les moments de tension, ils ont adopté une attitude moins tranchée. Les dirigeants belges ont manqué de sens des réali­tés. Les trois petits pays ont le plus grand intérêt à jouer fran­chement la carte de leur

euro­péanité.

Sur le fronton de la vieille bourse d'Anvers, figure la de­vise "ln usum mercatorum ta­tiusque nationis ac linguae". Plus que tout autre pays, la Bel­gique doit être à l'écoute de

tous les pays associés au sein. de l'Union européenne et être attentive au maintien de leur entente.

En choisissant Bruxelles comme siège des institutions européennes, les pères fonda­teurs ont en quelque sorte re­connu notre vocation euro­péenne.

Nous ne pouvons le perdre de vue en aucune cir­constance.

Si notre Premier ministre avait été conscient de cette finalité de notre pays, il aurait été ac­cepté. par tous pour présider la Commission européenne.

 

 

ARLON/ Elections communales

“Rassemblement luxembourgeois” propose son alternative, AL 20/08/2000

 

RL demande le retour au Grand-Duché de Luxembourg.

 

 

9 BENELUX /Un large forum sur l’intégration européenne, AL 21/06/2001

 

Les Premiers ministres belge, néerlandais et luxembourgeois, Guy Verhofstadt, Wim Kok et Jean-Claude Junker, ont rendu public mercredi un « Mémorandum sur l’avenir de l’Europe » à l’issue d’un « sommet Benelux ».

Ils ont expliqué qu’ils souhaitaient uque le débat sur l’avenir de l’Europe se déroule en tois phases distinctes.

 

 

10 Bastogne / Visite de l’ambassadeur ds Pays-Bas -  Hoe gaat het Bastenaken?, in : AL 05/07/2002

 

Il a mis le point sur l’association économique entre les deux pays.

 

 

11 Regnier Philippe, Le Premier néerlandais confirme le Benelux, LS 29/08/2002

 

Le nouveau chef du gouvernement hollandais a marqué son attachement au Benelux, l’alliance historique de la Belgique avec ses voisins néerlandais et luxembourgeois. Le trio continuera à se rencontrer avant chaque sommet européen, a indiqué Verhofstadt, et continuera à produire des positions communes (…).

 

 

12 Verhest Sabine,  Benelux / Passe d’armes au sommet, LB 05/12/2002

 

Réunion entre le Néerlandais Jan Peter Balkenende, le Belge Guy Verhofstadt et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, pour adopter un mémorandum commun sur l’avenir de l’Union européenne.

 

 

13 Union européenne / Proposition allemande : rejet du Benelux, LB 21/01/2003

 

Le Benelux confirme son opposition au principe d’une présidence élue au Conseil européen, une proposition faite la semaine dernière par la France et l’Allemagne.

 

 

14 in: DELTA, 4, 2003, p.24

 

« In deze wereld wordt alleen naar MACHT geluisterd en de tijd van de kleinstaterij is voorgoed voorbij. Dus kan alleen blokvorming van de kleine landen, de Benelux voorop, daaraan verhelpen.”

 

 

15 Eyskens Mark, Ministre d’Etat – Une politique étrangère moins étrange, LB 08/07/2003

 

Bruxelles est la deuxième capitale diplomatique de la planète après Washington.

 

Sur le plan international – aprticulièrment autour de la table des conseils des ministres de l’UE – la Belgique peut augmenter son impact en jouant davantage la carte du Benelux. La France est souvent un allié naturel mais pas toujours, étant donné les intérêts économiques propres à un grand pays, qui inspirent implicitement sa politique étrangère, comme ce fut le cas dans le conflit irakien. Les 3 pays du Benelux forment une ‘puissance moyenne’ dont le poids relatif croît avec l’élargissement de l’Union.

 

 

16 Andre Belmans, E DIVERSITATE UNITAS / HISTORIA DOCET, 2004

 

Depuis le Serment de Strasbourg (842) et le Traité de Verdun (843) la France n'a cessé pendant plus d'un millénaire de mener une politique anti-européenne. Après avoir, avec son complice allemand, détruit la construction européenne inachevée de Charlemagne, elle s'est obstinée à entretenir la discorde et à combattre toute puissance pouvant la gêner dans ses rêves impérialistes.

 

Au Traité de Rome (1957), qui fut avant tout l'oeuvre de ce qui reste de la Lotharingie et, en particulier des pays du Benelux, la France a aussitôt opposé l' Axe Paris-Bonn (1962) afin de s'assurer le maintien d'une prédominance.

 

A Paris on n' a toujours pas compris que l' orgueil et l'égoïsme des Etats-Nations sont une des causes premières de la déchéance politique actuelle de l'Europe. Le concept de nation, dont la France s'enorgueillit d'être la protagoniste mais que d'autres ont repris, a fini par terrasser la France elle-même (1815, 1870, 1940-1944). Que serait aujourd'hui la France et l'Europe sans l'intervention des Etats-Unis lors de la dernière guerre mondiale.

 

Fondé sur la négation de l'identité européenne, le concept d'Etat-Nation est le principal obstacle à l'unité. Il ne fait qu'entretenir une athmosphère de méfiance. Est-ce si difficile à comprendre? En outre l'idée de nation rend les pays, qui s'y accrochent, inaptes à participer valablement à la reconstruction d'une Europe forte. Les réticences de la France elle-même en apportent la confirmation.

 

La diversité n'est pas un obstacle mais un avantage du moins si on se préoccupe d'orienter sincèrement les différences vers une harmonie des complémentarités et non pas vers des antagonismes. La poursuite de politiques de puissance particularistes sème le doute et la défiance. Cela paraît clair.

 

Les conceptions politiques françaises sont une des causes principales pour laquelle le projet de nouvelle constitution pour l'Europe soulève tant de méfiance, non seulement au sein des petits pays et des pays de l'Est, mais même au sein des pays que le Traité de Rome avait uni.

 

Il est exclu que l'Europe puisse supporter longtemps une tutuelle des plus grands, ni cette propension à règlementer non seulement ce qui doit l'être mais même ce qui peut l'être.

 

Des journalistes chevronnés, qui en ont tant vu et entendu, se demandent jusqu'à quel point l'accord franco-allemand est sincère et durable. Il vont jusqu'à se poser la question: qui trompe qui?

 

Nous nous souvenons des monceaux de livres publiés des deux cotés de la frontière franco-allemande dont le but le plus clair était d' entretenir une athosphère de mépris et de haine entre les deux peuples. Nous avons vécu le temps où pendant que la France se prélassait sous le régime du Front Populaire, Von SEECKT préparait en silence une nouvelle armée allemande plus puissante que celle du Kaiser. Nous avons vu en 1940 les "pantzerdivision" dévaller en quelques semaines vers l'Atlantique et les Pyrénées.

 

Pour expliquer ce désastre sans précédent le Premier Ministre français ne trouva d'autre cause que la trahison du Roi des Belges. Cette explication servi ensuite à jeter la zizanie parmi les Belges et dans la foulée elle provoqua des dispositions constitutionnelles, qui conduisent le pays à sa désintégration. Un fédéralisme fondé sur une dualité nationaliste est inviable à terme. C'est du simple bon sens.

 

L'incommensurable naiveté des Belges fait pendant à la fourberie historique de la politique française. Déjà au XVI l l ième siècle la République des Provinces Unies avait pour règle "Gallia amica sed non vicina'. Nous voulons bien être amis de la France mais non ses voisins. Il était à ce point patent que la France ne pouvait s'empêcher d'intriguer dans ses pays voisins, préoccupée qu'elle était d'arrondir son territoire pour atteindre ses " frontières naturelles".

 

Aujourd'hui des esprits bien informés de l'histoire diplomatique, craignent que l'élargissement de l'Union Européenne n'amène les ambitions françaises et allemandes à s'affronter à nouveau. L' Allemagne gagnera une position centrale et la France voudra contrebalancer cet avantage par des alliances plus à l'Est dans le dos de l' Allemagne. Et l'histoire se répètera.

 

Pour comble d'aveuglement la France Gaulliste s'est lancée dans une campagne d'hostilité vis-à-vis des Etats-Unis. Cette campagne systématique peut mener les Américains à se désintéresser de l'Europe. En fin de compte on verra le centre de gravité de la politique mondiale se déplacer du monde de l' Atlantique vers celui du Pacifique où de nouvelles grandes puissances s'ébrouent.

 

Bien entendu il ne s'agit pas d'approuver toutes les initiatives américaines mais de faire preuve de réalisme et de donner la priorité absolue à la construction d'une Europe enfin pacifiée. Tant que cette construction n'est pas achevée l'anti-américanisme est plein de risques.

 

Si on veut que l'unification européenne entreprise réussisse les anciennes grandes puissances doivent renoncer à leurs traditions politiques de puissance. Elles doivent jouer le jeu honnêtement et accepter les règles de la loyauté fédérale. Sinon ce sera un échec retentissant dont les plus grands pays auront le plus à souffrir.

 

 

17 André Belmans, AU PAYS DU SURREALISME, 2004

 

On ne peut sans risques exprimer la moindre pensée désobligeante à l'égard des Juifs, des Musulmans, des Turcs ou d'étrangers en général, mais les Flamands et les Wallons peuvent s'invectiver à volonté. Aucun tribunal n'y verra une manifestation de racisme. Il s'agit là d'un folklore, qui appartient au domaine public.

 

Après chacune des grandes guerres, ceux qui avaient voulu, avec l'aide de l' occupant, lotir le pays furent traités d'inciviques et sévèrement condamnés. Cependant nos mandataires politiques, s'étant avisé du parti qu'ils pouvaient en tirer, décidèrent d'officialiser l'existence d'une Flandre et d'une Wallonie. Nos hommes d'Etat ayant eux-mêmes repris le flambeau de la désagrégation, les Belges furent par mille moyens contraints de se reconnaître Flamands ou

Wallons.

 

Depuis lors les hommes politiques peuvent sans honte faire passer les particularismes avant l'intérêt commun. L'instauration d'un semblant de fédéralisme eut pour effet de faire disparaître les partis fédéraux. Il n'est même pas certain qu'un parti bilingue et véritablement fédéraliste soit encore toléré.

 

Il résulte de cette dérive que le citoyen belge, qui est resté conscient des atouts de la solidarité de toutes les composantes de l'espace belge, n'a plus voix au chapitre. lI est devenu un apatride dans son propre pays. Autant dire un incivique, un mauvais citoyen. De toute façon un gêneur.

 

A Bruxelles, capitale d'une Europe en formation, on demande même à l'électeur, lors des scrutins, de faire un choix préalable entre listes flamandes et listes francophones. On ne peut se méprendre sur le sens de cette invitation alors qu'il n'existe aucune liste spécifiquement bruxelloise.

 

Provisoirement toléré, le récalcitrant se demande ce qui lui pend au nez avec l'approfondissement constant de la régionalisation et le penchant à la tolérence zéro.

 

Avant chaque élection les dirigeants des partis francophones jurent leurs grands dieux qu'il ne participeront plus à aucune nouvelle avancée communautaire. Serment d'ivrogne. Chaque fois ils trouvent des raisons majeures pour justifier leurs reniements.

 

Nos dirigeants politiques ont conçu un régime politique, qui pourrait peut-être convenir à une île au milieu de l'océan mais pas à un pays exposé comme le nôtre.

 

 

NB De Leo Camerlynck :

Louis Tobback, bourgmestre (SP.A) de Leuven :

„Si les deux pays (Pays-Bas et Luxembourg) étaient restés ensemble, ils auraient aujourd’hui un statut de grande puissance et joueraient un rôle beaucoup plus important. »

 

 

18 ÉLECTIONS / Prendre exemple sur nos voisins - De Philippe B., par e-mail, in : DH 2006

 

"La Belgique est vraiment un pays d'arriérés au niveau politique (cela n'étonne personne). Car voyez ce qui s'est passé en Hollande, les élections communales en semaine et les bu­reaux de votes ouverts jusqu'à 21 h. Je dis bravo, MM. les Hollandais! Ça, c'est faire preuve d'intelligence et de respect vis-à-vis des électeurs. Nos po­litiques devraient prendre exemple sur nos voisins car il n'y aurait aucun problème pour les votes. Vous tra­vaillez, en pause, pas de problème. Exemple: vous faites 14 h -22 h vous pouvez vous présenter le matin et inversement vous faites 06 h - 14 h vous avez encore 4 à 5 heures devant vous pour faire votre devoir électoral. Alors messieurs et dames les politi­ques, pour une fois dans votre vie, pensez aux électeurs et adoptez le sys­tème hollandais!"

 

 

19 Vandermeir Marc, Grand-Duché et Province de Luxembourg, Quand le lion fait l’union, LB 29/11/2006

 

Un député grand-ducal propose de remplacer le drapeau national.

Le   drapeau   national   du grand-duché  de  Luxembourg, aux trois bandes ho­rizontales rouge, blanche et bleu ciel remonte à 1123, lorsqu'il fut arboré, pour la première fois, semble-t-il, par le comte Guillaume de Luxembourg. Il n'est toutefois officiellement pro­tégé que depuis 1972.

Et, surtout, il est très réguliè­rement confondu avec le drapeau hollandais, dont il ne différencie que par sa bande bleu ciel, alors que celle du drapeau batave est bleu outremer. La norme (Pan-tone 299C) du bleu grand-ducal est définie depuis le 16 septem­bre 1993 seulement parles auto­rités luxembourgeoises.

Reste que, souvent, la confu­sion persiste. Elle persiste même d'autant plus qu'un autre em­blème est régulièrement utilisé pour symboliser le Grand-Du­ché, à savoir le lion rouge sur fond de bandes blanches et bleues, tiré des armoiries de l'Etat luxembourgeois. Ces ar­moiries ont été fixées vers 1235 pour Henri V, comte de Luxem­bourg. Ce lion rouge sur double fond de bandes de couleur est par exemple - et pour ne citer que cela - l'emblème du pavillon ma­ritime luxembourgeois et celui de la navigation aérienne.

D'où l'idée venue à l'ancien mi­nistre social-chrétien de l'Inté­rieur, Michel Wolter, aujourd'hui député et chef de sa fraction par­lementaire, qui a annoncé, à la mi-octobre, son intention de dé­poser, "à titre personnel ", une proposition de loi. Proposition au début passée quasi inaperçue mais qui commence aujourd'hui à faire pas mal de remous.

Car il ne s'agit rien de moins que de remplacer l'actuel dra­peau officiel grand-ducal par un drapeau à lion rouge sur fond de dix bandes blanches et bleues. La fraction CSV (à savoir le parti du Premier ministre luxembour­geois Jean-Claude Juncker) de la Chambre des députés ne voit aucune objection à cette idée. Et un débat est né qui s'exprime no­tamment, comme un confrère l'a tout récemment remarqué, par des autocollants favorables au Roude Léiw.

Le débat ne passe pas non plus inaperçu en province de Luxem­bourg. Non que les travailleurs frontaliers se sentent concernés en quoi que ce soit. Mais parce que le drapeau provincial est lui aussi constitué du même lion rouge sur fond de lignes blanches et bleues (foncées). Le tout, il est vrai, surmonté de la couronne royale. Mais la symbolique n'échappe à personne.

Dans un pays - la Belgique -où chaque élection fédérale et où tant de négociations débouchent sur des exigences de fédéralisme de plus en plus fort, voici qu'un Etat, le petit Grand-Duché, et une province belge connaîtraient un rapprochement d'image qui ne manque pas de piquant. Sur­tout que le sud (au moins) de la province doit sa prospérité à l'es­sor économique grand-ducal et à l'emploi transfrontalier qu'il in­duit. On en arrive à remarquer que, bien involontairement, le député Wolter souligne avec son idée la réalité quotidienne de cette région commune et quasi sans frontière entre les deux Luxembourg, ce fameux "labora­toire de l'Europe", dont parlait Jacques Delors.

 

23:19 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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